La dimension litteraire par Francois Moussirou

IL s'agit d'un recueil de poesie que je n'ai pas encore terminer d'ecrire. Je vous livre cependant le premier texte et avant-propos.
                   La dimension littéraire
EPISODE 1

L’anneau des asservis anesthésie ma gouache

Mon inspiration manque de panache

La création entière blêmit

Au bout de ma plume, l’encre pointe à l’ANPE

Mon obsession, décrocher un job à mi-temps

Un salaire pour vagabonder

Une prime pour mes fantaisies

Et un costume de voyageur

Pour s’arracher du temps, de la tristesse

L’argent n’a pas d’odeur

Remplie-moi de ta saveur

Pénètre-moi de tes couleurs

Susurre des mots magiques

J’ai des pulsions chimériques vernies de beauté

Saphir d’Arabie, poésie paradisiaque

L’éruption du printemps se fait savoir

La cadence du cœur, la fréquence du bonheur

Sont fonctions de l’existence

 

A la vie répond la mort

A la mort interroge l’existence

Physique de l’esprit

Agitation nocturne

Saturne visite Jupiter

Et mon œil s’envoie en l’air

Tu es belle métaphysique de l’espace

Création au battement érotique

Navire à réacteurs poétiques

Reviens vers moi pour que je couche mes lèvres sur ta peau

Retiens toi j’ai de la patience

Le dos du miroir n’a jamais été aussi visible

J’adore contempler

Et ça autant qu’il me plait

Le jour la nuit, dans l’ombre

Je fais de la magie sombre

Du clair obscur je passe au grain obscur

Il te faudra plus d’un œil pour m’atteindre

Pire ! Des explosions cérébrales.

 

L’univers ne s’est jamais vanté d’avoir un si fidèle partisan

Au dessus de nous le cosmos entier vibre

Mais la terre a été frappée d’une incorrigible inertie rotative

Plus d’un œil  il te faudra

Et c’est ton corps entier que je mobilise !

 

As-tu entendu parler de la dimension littéraire ?

Ce vaste chantier parsemé de particules, de molécules, d’embryons…

C’est une véritable science

Un laboratoire de l’invisible

Un corps à corps avec la nature

Une soumission au grand orfèvre de l’univers

Un secret bien gardé depuis des millénaires

 

La dimension littéraire est un voile

Elle fuit constamment la médiocrité

Et si apprendre à être un arbre connecte aux étoiles,

Il te faudra néanmoins plus d’un œil pour soigner tes maigres certitudes !

 

« Ici » dans la dimension littéraire n’existe pas ou du moins à peine

Il te faudra savoir que ton « moi » n’est qu’une digue prête à éclater face à la moindre force supérieure.

 

La dimension littéraire est une course à l’étoile et chacune d’elle a son histoire

Et à vrai dire dans la dimension littéraire les mots sont gênants,

Ils souffrent à tenter de voir au lieu de se prendre un gros jet visuel.

 

La dimension littéraire est une gestation courageuse

Ecrire ici n’a plus une grande importance, l’auteur disparaît pour que la littérature se vive, se ressente d’elle-même.

 

Au dessus de la vie, qui puis-je associer à cette existence ?

Au fond l’échelle de grandeur est impossible à évoquer.

L’homme doit sans doute être une entreprise malheureuse mais qui a son mérite.

C’est au carrefour du vertige que je vous parle mais il s’agit d’un vertige de croissance.

   

Il faut ramener la science dans les lettres.

Apres tout quoi de plus mathématique qu’une pensée

Elle part de rien et aboutit dans une chute de pensées.

La dimension littéraire est pour moi une volupté à laquelle on doit tendre

Mais prenez garde à la connaissance car elle touche à un point sensible des vivants que nous sommes.

 

En effet la dimension littéraire si grande soit elle ne sera jamais arborée entièrement car si grand sera votre talent, votre génie, vous ne capturerez point cette globalité fatidique et quasi chaotique qui n’en a rien à foutre de nous, de notre existence. Et là on touche encore un  des points sensibles de cette vie où nous sommes tout simplement déchus dès l’origine.

 

L’existence s’articule alors comme une pénitence et  j’exagère sans doute mais la dimension littéraire c’est aussi ce va et vient permanent dans ma tête.

 

Je reprends alors, au fond nous tournons en rond et par insolence j’ai envie de dire que nous sommes seuls, qu’au fond je vis avec de parfaits inconnus car le monde tel que le vois, le conçoit, ils l’ignorent. Mais ne soyons pas si pessimiste, mon but n’est pas de rejeter la vie mais au contraire de lui donner une assise plus vaste que la surface de la terre. C’est au fond une intrusion mystique -et sans doute farfelue diront certains- dans les sentiers battus de la galaxie.

 

Dans mes propos on peut y voir la reconnaissance de l’existence de Dieu, mais je crois que c’est bien plus  si l’on conçoit qu’il y a un après Dieu-mais c’est un autre sujet- Au fond en écrivant je ressens une grande faiblesse, comme si tout autour de moi serait figé, non pas parce que rien ne s’y passe mais parce que  dans une certaine mesure tout ce tapage mobile reste silencieux. J’ai beau me représenter des tas de gens dans ma tête  je les vois silencieux et ça je trouve ça grave. Et c’est dans cette gravité que je situe le monde. Et c’est de ce constat que naît la dimension littéraire. Tiens donc finalement je retrouve le sourire et je repense à ces vers écrits  jadis :

Je veux porter en moi la poésie du monde

Comme le poids de la porte qui grince

Vous sentez comment le cœur pince

Et de partout ça gronde

On se bouscule à des portes

Mais le poète médite sur son bloc-notes

La vie est poésie inactive


 


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