L’anneau des asservis anesthésie ma gouache
Mon inspiration manque de panache
La création entière blêmit
Au bout de ma plume, l’encre pointe à l’ANPE
Mon obsession, décrocher un job à mi-temps
Un salaire pour vagabonder
Une prime pour mes fantaisies
Et un costume de voyageur
Pour s’arracher du temps, de la tristesse
L’argent n’a pas d’odeur
Remplie-moi de ta saveur
Pénètre-moi de tes couleurs
Susurre des mots magiques
J’ai des pulsions chimériques vernies de beauté
Saphir d’Arabie, poésie paradisiaque
L’éruption du printemps se fait savoir
La cadence du cœur, la fréquence du bonheur
Sont fonctions de l’existence
A la vie répond la mort
A la mort interroge l’existence
Physique de l’esprit
Agitation nocturne
Saturne visite Jupiter
Et mon œil s’envoie en l’air
Tu es belle métaphysique de l’espace
Création au battement érotique
Navire à réacteurs poétiques
Reviens vers moi pour que je couche mes lèvres sur ta peau
Retiens toi j’ai de la patience
Le dos du miroir n’a jamais été aussi visible
J’adore contempler
Et ça autant qu’il me plait
Le jour la nuit, dans l’ombre
Je fais de la magie sombre
Du clair obscur je passe au grain obscur
Il te faudra plus d’un œil pour m’atteindre
Pire ! Des explosions cérébrales.
L’univers ne s’est jamais vanté d’avoir un si fidèle partisan
Au dessus de nous le cosmos entier vibre
Mais la terre a été frappée d’une incorrigible inertie rotative
Plus d’un œil il te faudra
Et c’est ton corps entier que je mobilise !
As-tu entendu parler de la dimension littéraire ?
Ce vaste chantier parsemé de particules, de molécules, d’embryons…
C’est une véritable science
Un laboratoire de l’invisible
Un corps à corps avec la nature
Une soumission au grand orfèvre de l’univers
Un secret bien gardé depuis des millénaires
La dimension littéraire est un voile
Elle fuit constamment la médiocrité
Et si apprendre à être un arbre connecte aux étoiles,
Il te faudra néanmoins plus d’un œil pour soigner tes maigres certitudes !
« Ici » dans la dimension littéraire n’existe pas ou du moins à peine
Il te faudra savoir que ton « moi » n’est qu’une digue prête à éclater face à la moindre force supérieure.
La dimension littéraire est une course à l’étoile et chacune d’elle a son histoire
Et à vrai dire dans la dimension littéraire les mots sont gênants,
Ils souffrent à tenter de voir au lieu de se prendre un gros jet visuel.
La dimension littéraire est une gestation courageuse
Ecrire ici n’a plus une grande importance, l’auteur disparaît pour que la littérature se vive, se ressente d’elle-même.
Au dessus de la vie, qui puis-je associer à cette existence ?
Au fond l’échelle de grandeur est impossible à évoquer.
L’homme doit sans doute être une entreprise malheureuse mais qui a son mérite.
C’est au carrefour du vertige que je vous parle mais il s’agit d’un vertige de croissance.
Il faut ramener la science dans les lettres.
Apres tout quoi de plus mathématique qu’une pensée
Elle part de rien et aboutit dans une chute de pensées.
La dimension littéraire est pour moi une volupté à laquelle on doit tendre
Mais prenez garde à la connaissance car elle touche à un point sensible des vivants que nous sommes.
En effet la dimension littéraire si grande soit elle ne sera jamais arborée entièrement car si grand sera votre talent, votre génie, vous ne capturerez point cette globalité fatidique et quasi chaotique qui n’en a rien à foutre de nous, de notre existence. Et là on touche encore un des points sensibles de cette vie où nous sommes tout simplement déchus dès l’origine.
L’existence s’articule alors comme une pénitence et j’exagère sans doute mais la dimension littéraire c’est aussi ce va et vient permanent dans ma tête.
Je reprends alors, au fond nous tournons en rond et par insolence j’ai envie de dire que nous sommes seuls, qu’au fond je vis avec de parfaits inconnus car le monde tel que le vois, le conçoit, ils l’ignorent. Mais ne soyons pas si pessimiste, mon but n’est pas de rejeter la vie mais au contraire de lui donner une assise plus vaste que la surface de la terre. C’est au fond une intrusion mystique -et sans doute farfelue diront certains- dans les sentiers battus de la galaxie.
Dans mes propos on peut y voir la reconnaissance de l’existence de Dieu, mais je crois que c’est bien plus si l’on conçoit qu’il y a un après Dieu-mais c’est un autre sujet- Au fond en écrivant je ressens une grande faiblesse, comme si tout autour de moi serait figé, non pas parce que rien ne s’y passe mais parce que dans une certaine mesure tout ce tapage mobile reste silencieux. J’ai beau me représenter des tas de gens dans ma tête je les vois silencieux et ça je trouve ça grave. Et c’est dans cette gravité que je situe le monde. Et c’est de ce constat que naît la dimension littéraire. Tiens donc finalement je retrouve le sourire et je repense à ces vers écrits jadis :
Je veux porter en moi la poésie du monde
Comme le poids de la porte qui grince
Vous sentez comment le cœur pince
Et de partout ça gronde
On se bouscule à des portes
Mais le poète médite sur son bloc-notes
La vie est poésie inactive

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